Cible ratée : attention dérive imminente

Posted on avril 4, 2012 par

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Cible ratée : attention dérive imminenteUne séance de brainstorming, des discussions de corridor, des opinions de la femme de l’autre, tout ça pour mener au déclic que l’on croit magique : l’idée du siècle pour mener à bien le fameux projet que l’organisation pour laquelle on travaille souhaite mettre de l’avant depuis des lustres. Mais a-t-on pensé à tous les éléments? Qu’en est-il du public cible?

Voilà souvent où le bas blesse lorsque l’on travaille pour une organisation où le service des communications est dirigé par une seule personne et dont la direction n’y connaît trop rien en la matière. Pour cette dernière, bâtir un projet, ça ne prend pas la tête à Papineau et l’importance de mettre en place une équipe de gestion de projet est souvent minimisée. Et c’est bien là le risque, celui de partir sur une bulle en oubliant complètement les éléments de base d’un projet : établir des objectifs clairs liés aux objectifs stratégiques de l’entreprise, mais également prévoir une période de recherche et d’analyse pour bien cerner son public cible, sans quoi une idée de génie peut foncer tout droit dans un cul-de-sac…

C’est d’ailleurs pourquoi plusieurs organisations se lancent dans des projets qui n’en finissent plus, car, au départ, aucune équipe de gestion de projet n’a été mise en place et donc aucun plan pour la gestion du projet n’a été conçu. Un plan dans lequel le public cible est toujours déterminé, ce qui évite du coup bien des dérapages.

  • Quelles sont les personnes à qui l’on parle?
  • Combien sont-elles?
  • Quelles sont leurs particularités?

Voilà des questions essentielles qui ont des répercussions importantes sur l’ensemble d’un projet.

À titre d’exemple

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) est justement passé à côté de sa cible à l’automne 2011 avec sa campagne, développée par l’agence Cartier, pour promouvoir le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH).

Évidemment, le MSSS n’est pas une petite organisation, mais toutes les campagnes du genre sont données à des agences de publicité.  On peut ainsi penser, étant donné les nombreuses controverses soulevées par cette campagne, qu’il y a eu un manque de communication dans l’équipe de gestion de projet et que l’importance de l’analyse de la cible a été minimisée par rapport à l’idée de se lancer dans un projet de nature sérieuse, mais traité avec légèreté et une drôlerie douteuse.

Visionnez la vidéo de la campagne : Comment protéger sa fille contre les VPH

Le MSSS a craint de lancer une campagne trop « technique », comme il est facile de tomber dans un jargon scientifique pointu avec un tel sujet. Reste que la campagne est plutôt venue créer la confusion en intégrant des éléments hors propos, ce qui a plutôt eu pour effet d’infantiliser sa cible. Le MSSS a sans doute pensé qu’il avait trouvé LA solution pour conscientiser son public de façon efficace et moderne. Il l’a plutôt traité de façon puérile en optant pour un message de bas niveau qui est allé jusqu’à détourner l’opinion publique du réel enjeu, celui d’inciter les parents à faire vacciner leur fille contre le VPH, une des ITS les plus répandues au pays et dans le monde…

Voilà une belle occasion ratée pour le MSSS qui aurait dû se servir de cette campagne informer pour les parents et non pas leur servir un malheureux spectacle financé à même les fonds publics.