La rédaction au temps des élections : des approbations, encore des approbations!

Posted on mars 29, 2011 par

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Les textes à rédiger dans le cadre d’un projet de communication traversent plusieurs étapes d’approbation. Et qui dit étapes d’approbation dit modifications probables au texte.

Comme vous le savez, plusieurs raisons expliquent le fait qu’un texte de communication nécessite des changements. Vous écrivez un discours pour le président de votre organisation? Il se peut qu’il vous demande de modifier un mot, une phrase, un paragraphe. Après tout, c’est lui qui prononcera le discours. On vous demande de rédiger un communiqué de presse sur une question particulièrement sensible? Il devra passer par le filtre des approbateurs afin d’être conforme au message que souhaite véhiculer la direction. Certains journalistes ont la réputation de chercher la bête noire, c’est là un secret de polichinelle. L’apport de plusieurs personnes est donc nécessaire pour tenter de prévenir les critiques de nos amis les médias.

Ayant travaillé comme rédactrice pour plusieurs employeurs et dans divers projets, j’ai pris l’habitude des processus d’approbation. Certains sont plutôt minimaux, alors que d’autres se déclinent en de nombreuses étapes.

Permettez-moi d’aborder avec vous l’un des contextes que j’ai connus où le processus d’approbation était particulièrement laborieux : celui d’une campagne électorale. Sujet d’actualité, n’est-ce pas! Voilà le projet par excellence dans la vie d’un parti politique. Beaucoup d’espoirs sont fondés pour atteindre les résultats visés ; tous les « apparatchiks » du parti s’activent en vue du jour J.

Dans ce contexte qui ne laisse aucune place à l’erreur, l’utilisation du mot juste et la diffusion de l’information appropriée en fonction des objectifs de communication prend toute son importance. Plateforme électorale du programme du parti, discours du chef et des députés, communiqués de presse quotidiens, lettres dans les journaux… Chaque mot est pesé. Chaque phrase décortiquée. Rien ne doit être laissé au hasard, sous peine de faire dérailler le projet électoral dont plusieurs attendent le dénouement avec une grande fébrilité.

Inutile de vous dire qu’il faut éviter de prendre ombrage des changements qu’on vous demande d’apporter au texte. Le recherchiste attitré au dossier, (culture, santé, environnement, par exemple), y jette un premier regard afin de s’assurer qu’aucun oubli, aucun raccourci qui pourrait nuire à la compréhension n’a été commis durant la rédaction. Même si le rédacteur fait la recherche qu’il se doit avant de se mettre au travail, il n’est pas spécialiste de contenu. Cette étape est donc très importante.

Le texte est ensuite étudié par la direction des communications, histoire de s’assurer qu’il respecte les messages clés de l’organisation. Les députés cités dans le texte tiennent également à le lire et à apporter leurs commentaires. Quoi de plus légitime. Vient ensuite le tour du conseiller du chef du parti de le passer au peigne fin; dépendant des écrits et des enjeux en cause, le chef du parti lui-même prendra aussi le temps de lire le projet de texte et de le commenter.

En outre, il faut tenir pour acquis qu’en temps de campagne électorale, les événements évoluent de jour en jour, voire d’heure en heure. À ce rythme, le texte écrit en cours de matinée pour diffusion l’après-midi peut être désuet avant même que l’avant-midi ne soit terminé. Il faut alors le modifier en grande partie, parfois même le recommencer entièrement. Ce sont là les contingences du métier de rédacteur, qui doit faire preuve de souplesse et laisser de côté son ego. Mais que de satisfaction lorsque le projet se déroule dans un contexte aussi effervescent!

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