S’inspirer des rebelles pour gérer avec succès

Posted on mars 25, 2011 par

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Les activistes sont souvent perçus comme des embûches – ou même des weirdos – aux yeux des entreprises. Des chialeux qui ne comprennent rien à la réalité du monde des affaires. 

Pourtant, les gestionnaires et chefs d’entreprise ont beaucoup à apprendre d’eux. En effet, les activistes ont démontré, plus d’une fois, leur capacité exceptionnelle à mobiliser des troupes autour d’une cause commune. C’est ce le sujet du livre « Market Rebels, How Activists Make or Break Radical Innovations”, du professeur Hayagreeva Rao de la Stanford Graduate School of Business. Spécifions que l’auteur ne fait par référence ici aux manifestants caricaturés qui scandent des messages antimondialisations en faisant éclater, au passage, des vitrines commerciales.

Les chefs d’entreprise et gestionnaires doivent plutôt s’inspirer des activistes bien organisés qui réussissent à mobiliser leurs troupes et à influencer l’opinion publique suffisamment pour entraîner des changements de comportements au sein de la société. Par exemple, les écolos ont réussi en quelques années à nous faire trier nos déchets et à nous convaincre de l’importance de payer plus cher pour un produit local.

Quelles sont donc les stratégies de ces rebelles efficaces?

1. Jouer de la passion et des émotions
Il faut qu’une cause soit « brûlante » indique l’auteur. Évidemment, ce ne sont pas tous les projets qui sont passionnants, mais les gestionnaires de projet doivent trouver des clés sur lesquelles s’appuyer pour déclencher au sein de leur équipe un sentiment de fierté. Il rappelle que les émotions créent un sentiment de pouvoir énorme chez une personne.

2. Provoquer une mobilisation
Le gestionnaire doit ensuite être capable de créer un mouvement collectif au sein de son équipe qui sera basé sur une communauté d’émotions et de valeurs partagées associées au projet ou à l’entreprise.

3. Penser comme un activtiste
Les gestionnaires doivent apprendre à penser comme des « agitateurs ». Cette façon de faire, les amènera à voir leur marché différemment et ainsi, à innover. Pour penser comme un activiste, les leaders doivent :

  • Réveiller l’émotion : Laisser un peu de côté la raison, les statistiques, les analyses et miser davantage sur l’émotion pour arriver à leurs fins. Les activistes utilisent souvent des symboles ou des icônes pour faire passer des messages ou pour marquer l’imaginaire au sein de leur troupe.
  • Canaliser l’énergie du changement : Pour susciter un désir de changement chez les autres (ce peut être nos employés ou nos clients), l’auteur rappelle les quatre clés de la réussite – WUNC (Worthiness, Unity, Numbers, Commitment) – telles qu’émises par le sociologue américain Charles Tilly. Cette théorie rappelle que pour réussir un projet, il faut qu’un grand nombre de personnes s’unissent autour d’une cause (à laquelle ils croient) et s’engagent à la défendre. 

Des stratégies qui peuvent s’appliquer – à différents degrés –  à la gestion de projet en entreprise. Évidemment, le gestionnaire doit avoir des talents de rassembleur et de motivateur pour réussir à transmettre émotions, motivation et engagement. Observons les techniques des Laure Waridel, Steven Guilbeault, et même des Nelson Mandela et autres prix Nobel de la paix pour faire de nos projets un lieu commun où les employés et collègues seront bien plus qu’une expertise rémunérée.

Entretien avec l’auteur au sujet de son livre :

Source : PREMIUM, numéro 3, p. 89-92.